wpid-rps20151217_220544.jpg

Myriam, 36 ans, et Lucas, 2 ans et demi

Cette semaine, c’est ma cousine qui se prête au jeu de mon petit questionnaire. Mère célibataire, à Paris, on pourrait penser que c’est pour elle la galère ; mais il semblerait qu’elle ait trouvé son équilibre.
Devenue maman à 33 ans, séparée du papa un mois après la naissance, Myriam partage la garde de Lucas avec le papa depuis le début. Et ça roule plutôt bien, apparemment. Merci pour ses confidences !

Travailles-tu ? Où habites-tu ?
Je travaille et habite à Paris. Je suis chargée de com’ dans un musée.

Comment se passe la garde de Lucas avec le papa ?
Je partage la garde de Lucas avec le papa, sur un mode un peu original par rapport à ce qui se voit couramment : nous sommes d’accord depuis le début pour se partager strictement équitablement sa garde. Son père le prend du samedi soir au lundi matin, le mercredi soir et un mardi soir sur deux. Je l’ai à la maison le reste du temps.

Comment Lucas est-il gardé pendant que vous travaillez ? Es-tu satisfaite de ce mode de garde par rapport au bien-être du bébé, aux exigences des parents, au financement ?
Il a été gardé par une nounou à domicile, partagée avec les voisins, de l’âge de ses 3 mois, quand j’ai repris le travail, jusqu’à ses 6 mois. Quand il a eu 7 mois, nous avons obtenu une place en crèche familiale et il y sera jusqu’à l’entrée à l’école, l’année prochaine.
Je n’ai pas été convaincue par l’expérience « nounou », tant d’un point de vue financier que concernant le bien-être et le développement de l’enfant. Cela avait un coût exorbitant : 850 euros par mois ! Même si la récupération en crédit d’impôt l’année suivante est vraiment très intéressante, il faut pouvoir avancer l’argent et ça correspond à une sacrée somme, notamment quand on a un loyer parisien.
Après, mon impression mitigée concernant la nounou est sûrement une question de personne, il y a certainement des nounous super ; mais la nôtre ne semblait pas du tout investie, faisait peu d’effort pour éveiller les bébés. Tout ça s’est répercuté sur nos relations avec elle, nous avions du mal à lui faire confiance.
Nous avons donc été très heureux d’obtenir cette place en crèche familiale et ça se passe très, très bien. C’est une structure hybride à mi-chemin entre l’assistante maternelle et la crèche collective. Une vraie complicité s’est créée entre mon fils et son assistante. J’ai pu bénéficier de vraies compétences pro et de conseils de l’assistante, qui étaient précieux pour moi, maman néophyte. Par ailleurs, la caution de la structure « crèche municipale » est un facteur très rassurant : gage de sérieux dans le recrutement de ses équipes, activités d’éveil variées et apprentissage en douceur de la socialisation avec les moments passés dans la crèche collective. Elle a également la garde de deux autres petits enfants et cela est enrichissant pour Lucas de se lier d’amitié avec ces deux petits camarades.
Je pense que cette crèche est un élément de stabilité, rassurant et structurant, pour Lucas, qui vit dans deux maisons depuis sa plus tendre enfance.

As-tu pu/voulu aménager ton temps de travail depuis que tu es maman (4/5e par ex) ?
Non, je ne l’ai pas souhaité ; c’est avant tout par nécessité financière.

Pour les vacances scolaires, comment t’organises-tu ?
Nous n’avons pas encore le problème des vacances scolaires régulières : la crèche ferme en Août et une semaine à Noël. Quand la nounou de la crèche est malade ou en congés, une autre du quartier prend le relais.
Pour le mois d’Août : je le garde principalement (3 semaines sur les 4) et son père le prend 1 semaine sur les 4. S’il arrive que, pendant les trois semaines, je sois quelques jours avec mon fils à Paris alors son père le prend les soirs qui l’arrangent, puisque j’ai la chance de m’en occuper le jour.
Mes parents, qui habitent à 300 km de Paris, passent deux semaines de vacances par an avec Lucas, ainsi que quelques week-ends, et ils viennent le garder de temps en temps à Paris, si besoin.
Lucas a très peu de contacts avec ses grands-parents paternels.

Qui dépose Lucas le matin et à quelle heure ? Qui va le chercher et à quelle heure ?
On alterne avec son papa en fonction de la garde partagée que nous avons choisi de mettre en place.
Je dépose Lucas les mardi, vendredi et une fois sur deux le mercredi à 8h35. Son papa le dépose les lundi, jeudi et une fois sur deux le mercredi.
Je le récupère à 18h15 les lundi, jeudi et vendredi ainsi qu’un mardi sur deux. Le papa le prend le mercredi et un mardi sur deux.

Où travailles-tu par rapport à la maison/crèche/nounou ? Comment se passent les trajets maison – crèche/nounou/école – bureau ? Combien de temps cela te prend-il ?
Je travaille dans le centre de Paris et j’habite dans le 13e arrondissement. Le trajet « maison-crèche » me prend 10 minutes à pied et le trajet « crèche-travail » 40 minutes en bus ou 30 minutes en métro. Je prends le métro en général le soir pour arriver plus vite à la crèche.

Que ressens-tu face à cette organisation à la fois pour la semaine et pour les vacances?
Après de nombreuses autres formules testées, je crois que c’est la plus adéquate. Je suis satisfaite.

Comment fais-tu pour les courses, le ménage, le repassage ?
Je m’occupe des grosses courses le dimanche matin (supermarché + marché avec caddie), quand Lucas est chez son papa. Et je fais en plus des courses d’appoint, avec Lucas, au moins deux fois par semaine. Je trouve ça compliqué, notamment en termes de sécurité pour Lucas, puisqu’il n’est plus en poussette, de faire les courses avec lui ; aussi je les abrège le plus possible. Sinon, ça finit vite en course poursuite ou partie de cache-cache géant dans le supermarché !
Je ne me laisse pas déborder par les lessives, et je ne fais pas le repassage, plus par flemme que par manque de temps. Le ménage laisse parfois à désirer, mais je me débrouille toujours pour faire le minimum.

Te sens-tu débordée ? Aidée ? Épanouie ?
À l’aise et rodée. Je ne ressens pas le besoin d’être aidée aujourd’hui. La présence de ma famille était primordiale à la naissance, plus maintenant.

Parviens-tu à passer du temps avec tes copines ? Avec un éventuel amoureux ou peut-être à faire des rencontres amoureuses ?
Oui, grâce à la garde alternée. Ce temps sans enfant est vital pour moi. La reprise du travail l’a été aussi, à la fois pour me distraire d’une situation affective éprouvante (séparation avec le papa), mais aussi par réel besoin d’être « dans le monde ». Monde duquel je me suis sentie coupée pendant le congé de maternité. Aujourd’hui encore, j’éprouve toujours ce besoin de prendre du temps pour moi, en dehors de ma vie de maman.

Pendant ce temps, à qui confies-tu Lucas ?
Son père. Je n’ai jamais testé le babysitting. En dehors de son père, je n’ai confié Lucas qu’à ma mère ou à ma sœur, jusqu’à présent. Personne d’autre. Je n’ai pas confiance. J’ai confiance en son père et j’ai l’impression qu’il ne le confie jamais à personne ; cela me rassure.

S’il y en a eu, quelles répercussions devenir maman a-t-il eu sur ta carrière ?
Depuis la naissance, j’ai fait peu d’efforts pour chercher un nouvel emploi alors que ça aurait été nécessaire. Je suis restée beaucoup trop longtemps dans la même entreprise. J’ai l’impression de m’être un peu assise sur mes lauriers, par facilité. Il faut dire que j’ai la chance d’avoir une hiérarchie très souple, très compréhensive (ma responsable est une maman elle-aussi, de trois enfants de surcroît!) : si jamais j’ai besoin de m’absenter pour un rendez-vous chez le pédiatre, une fête de la crèche, ou parce que Lucas est malade, ils ne font aucun problème. J’ai conscience qu’on ne trouve pas la même indulgence dans toutes les entreprises. Cela compromettrait notre organisation et chamboulerait la vie de Lucas, qui doit être bien rodée du fait des deux maisons, si je devais travailler dans une entreprise moins tolérante. Pendant la grossesse, j’avais dû m’arrêter plus tôt que prévu à cause de contractions trop fréquentes ; là encore ma hiérarchie s’était montrée d’une compréhension très appréciable. On m’a vraiment laissée tranquille pendant mon arrêt : aucun coup de fil ou autre pour me demander d’intervenir à distance sur des dossiers ou pour former ma remplaçante qui n’avait pu être formée correctement vu mon départ soudain. C’était vraiment un soulagement dans le contexte d’une grossesse difficile. En revanche, question promotion, ils sont moins cléments : je n’ai obtenu aucune prime, ni augmentation l’année de ma grossesse, comme toute femme travaillant dans mon entreprise, la direction estimant que nous ne le méritons pas, car absentes longtemps…

S’il y en a eu, quelles répercussions cela a-t-il eu sur ta vie personnelle ?

Cela m’a apporté de nouveaux sujets de discussion entre copines, entre collègues. J’ai l’impression de développer un rapport aux autres différent depuis que je suis maman : j’ai gagné en maturité, en confiance en moi. Ce sentiment de responsabilité me confère une sorte d’assurance que je ne me connaissais pas avant. Devenir maman a apporté beaucoup de points positifs dans ma vie perso et Lucas en est devenu l’élément central.

S’il y en a eu, quelles répercussions cela a-t-il eu sur ta vie amoureuse ?
Cela a amené beaucoup de questionnements : sur la façon de créer une autre forme de famille que la famille traditionnelle, un modèle de famille qui m’épanouira moi et fera du bien à Lucas ; sur le choix d’un amoureux, il faut qu’il aime les enfants – surtout ceux des autres ! – et que l’on partage les mêmes valeurs d’éducation ; sur la façon d’amener une nouvelle figure masculine dans la vie de mon fils, comment et quand lui présenter. Depuis sa naissance, j’ai eu une histoire importante et je lui avais présenté mon amoureux au bout de 4 mois de relation. Quand ça s’est terminé, il a fallu que je lui explique qu’on ne verrai plus Roméo ; ça n’a pas été évident de trouver les bons mots.

Si tu le pouvais, qu’est-ce que tu changerais dans ta vie et/ou dans la société, pour être plus épanouie ?
Un nouveau taf car j’ai fait le tour du mien ; j’ai besoin de changer d’air professionnel. Et être amoureuse et aimée en retour serait pas mal non plus !

As-tu un conseil, une petite astuce de wonder maman à nous confier ?
Ah, non, désolée ! Je ne suis pas une wonder maman !

Maman solo équilibrée, Myriam a trouvé la bonne formule pour allier ambitions professionnelles, responsabilités de maman et épanouissement personnel et sentimental. De quoi faire pâlir d’envie bon nombre de mam’ célib’ : laissez-vous inspirer par son dynamisme, son enthousiasme et sa « positive attitude » (pour plagier une philosophe des années 2000).

4 réflexions au sujet de « Myriam, 36 ans, et Lucas, 2 ans et demi »

    1. C’est déjà une rubrique : « et vous, les copines? ». Mais il semblerait que j’aie un bug dans mon menu. Il faut que je travaille là-dessus… Ça s’appelle « et vous, les copines? », mais je compte bien donner la parole aux papas, ce sera intéressant aussi.

  1. effectivement je ne trouve pas cette rubrique ! Et très bonne idée que de donner la parole aux papas.
    Si tu as besoin, je participerai volontiers (bon le papa à mon avis ça ne l’intéressera pas, mais je peux toujours parler à sa place ;-))

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>