2014-10-06 14.52.17

Mariée, un chat, un enfant… mais pas que !

J’ai dépassé les 35 ans, voilà déjà 30 mois que je suis devenue maman ; je viens de me marier avec le papa de notre jolie petite fille ; nous avons un chat aussi vieux que notre histoire (11 ans). Je suis comblée, me direz-vous ? Ben, en fait, je voudrais aussi : avoir un job épanouissant et lucratif, le temps de faire le repassage, de prendre un verre avec les copines et d’organiser des dîners en amoureux, avoir une belle peau, les cheveux propres et coiffés tous les jours, appliquer au pied de la lettre les préceptes Montessori, être une experte du DIY pour décorer la chambre de ma fille…

Serais-je trop exigeante ?

Quand j’étais jeune et naïve, mon destin était tout tracé. Après de longues études, je comptais faire carrière, fonder une famille et m’occuper de mon petit mari.

Bref, je le réalise maintenant, j’avais l’intention – la prétention – d’être wonder woman.

C’était bien parti, pourtant. J’ai fait mes études dans le quartier Latin à Paris, j’ai travaillé pendant 10 ans dans le 6e arrondissement (pour les non-parisiennes, c’est un quartier chic, avec beaucoup de boutiques de chaussures et de vêtements de luxe…), j’habitais non loin de là dans un quartier un peu moins chic mais tout autant bourgeois. Je changeais de garde-robe tous les trimestres, passais ma pause dej à faire du lèche-vitrine ; j’étais adepte du « smoky eyes » au bureau, toujours perchée sur 8 cm de talon minimum ; je dînais au moins une fois par semaine au resto ; j’allais au pilates le mardi de 20h30 à 22h et au yoga le jeudi de 19h30 à 21h ; les vendredis et samedis soirs, c’était party-time.

J’avais tout bon. Encore quelques années à consolider ma carrière et on aurait pu passer au projet « bébé ».

Et puis, on s’est séparé avec mon Homme des Cavernes et j’ai perdu mon job. J’ai dû alors réfléchir à un autre plan. Je vous passe les détails mais je n’avais pas encore trouvé comment réorienter ma vie que la vie me rattrapait : on était retombés amoureux avec l’Homme des Cavernes et paf, le « bébé de l’Amuur » était en route !

Neuf mois de grossesse et 24 mois plus tard – dont 12 de problème de mode de garde -, je n’ai toujours pas pu reprendre le chemin de la vie professionnelle. Sans mode de garde, j’ai passé un an à la maison, entièrement dévouée à ma fille (et pas assez à son père, mais ça, on y reviendra bien assez tôt). Quand nous avons enfin obtenu une place en crèche, je me suis reprise à rêver d’une vie idéale, avec un boulot épanouissant et du temps pour m’occuper de ma fille et de mon petit mari… Mais ma recherche est à ce jour restée infructueuse. Un an plus tard, je désespère : le fait d’être devenue maman m’a-t-il rendue incapable de prendre en charge toute mission professionnelle aux yeux d’un éventuel patron ? Certes, je suis restée à la maison, loin de l’entreprise, pendant un certain temps mais cela m’a-t-il fait perdre les qualités que mes précédents employeurs me reconnaissaient encore quelques mois plus tôt ?

Ma vie a bien changé depuis 2 ans, il est vrai. Je suis devenue une femme mariée et une mère au foyer…

Aujourd’hui, j’habite dans un hlm en banlieue, je dépasse le périph’ uniquement pour déposer ma fille à la crèche, ma plus grande préoccupation, c’est de ne pas dépenser plus de la moitié de notre budget au supermarché en couches et lingettes pour les fesses de Bébé, j’ai adopté le look « normcore » - jean, converses, t-shirt, pas coiffée, pas maquillée, pas lavée -, j’ai l’ambition pour cette année de proposer à mon petit mari de bons petits plats faits maison et non plus des plats Picard réchauffés au micro-onde, j’ai le ventre mou et je n’ai pas fini ma rééducation périnéale (pour mémo : ma fille a 30 mois…), les vendredis et samedis soirs, on estime avoir réussi notre soirée si on ne s’endort pas sur le canapé avant la fin de Koh Lanta ou de The Voice (Thanks God, there’s Netflix !).

Il semblerait donc que la réalité soit toute autre que celle que j’avais imaginée.

En devenant maman, je me suis réveillée dans une nouvelle société où la condition féminine est bien difficile (tout est relatif, on s’entend ; je ne me permettrais pas de me comparer aux femmes syriennes, par exemple) et je ne le soupçonnais pas. Après tout, je suis née bien après Mai 68 et  je pensais que les femmes de ma génération bénéficiaient d’une très grande liberté. Nous avons le droit de travailler et d’avoir des enfants comme bon nous semble… Voilà. Effectivement, c’est une chance incroyable et loin de moi l’idée de cracher dans la soupe…. Mais…

Mais  j’ai l’impression qu’il repose du coup sur les épaules des femmes bien des contraintes. Être à la fois une femme active épanouie dans son boulot, une super maman présente auprès de sa famille et une épouse aimante dévouée à son petit mari relève d’un combat quotidien épuisant et stressant. L’équation parfaite me semble bien difficile à obtenir.

Déjà qu’aujourd’hui, « uniquement » femme au foyer, je suis plutôt débordée. Mon challenge, c’est d’être tout à la fois à jour dans le repassage et impeccablement épilée, de gagner le combat contre le panier de linge sale (au rythme d’une machine par jour, week-end compris, je devrais y parvenir) ou encore que l’appartement soit rangé et mes cheveux propres, et tout ça en effectuant la recherche d’emploi nécessaire à mon retour sur le marché du travail. Je cours après le temps. Alors si je devais assumer une activité professionnelle en plus, qui plus est avec des horaires de bureau… Je ne sais pas comment vous faites, vous, les mamans travailleuses ! Et quand on a la tête farcie des exigences de son patron et/ou des jérémiades de ses enfants, peut-on réellement se sentir dispo – et sexy – pour son compagnon ?

Vous, à la maison ou dans le monde du travail, vous y arrivez ? Vous êtes engagées dans une belle carrière, vous cuisinez des bons petits plats à votre mari tout en passant du temps de qualité avec vos enfants ? Vous m’intéressez ! Vous avez certainement de bons conseils à nous donner ! Ou au contraire, vous avez l’impression que la femme moderne à la fois épanouie dans le monde du travail, maman et épouse parfaite est une illusion, un rêve inaccessible ?

Allez, on se cause ? On cherche ensemble des solutions ?

 

5 réflexions au sujet de « Mariée, un chat, un enfant… mais pas que ! »

  1. Bonjour !

    Bravo déjà pour cet article plein de sincérité. Merci de partager cela avec nous.
    De mon côté je suis maman d’une petite fille de 3 ans, et en attente d’une petite soeur. Je travaille. Je n’avais pris qu’un simple congé mat pour la première, et ça sera pareil pour la 2ème. Nous avons eu énormément de chances car nous avons trouvé une nounou formidable très rapidement, et en plus elle est dispo pour la deuxième.

    Et j’ai très envie de répondre à ta dernière question : pour moi la femme parfaite dans tous les domaines est une illusion. Pas dans le sens où ce n’est pas possible d’être à la fois heureuse dans son travail, passer du temps de qualité avec ses enfants, tenir la maison et faire les bons petits plats… Ca, c’est sûrement possible mais quelque chose sera forcément fait au détriment des autres.
    Par exemple, beaucoup de personnes (et parfois des hommes) sont à 80% au travail. Ca ne les empêche pas d’avoir une carrière professionnelle enrichie. (quand tout se passe bien dans l’entreprise. Il y a de tout partout…)
    D’autres auront peut-être suffisamment d’argent pour ne pas se prendre la tête avec le ménage par exemple.

    Pour donner un exemple bien plus précis, je pense pouvoir dire que je fais partie de ces femmes « épanouies » dans tous les domaines. Pourquoi ? Simplement parce que j’ai accepté (j’ai mis du temps) que je ne pouvais pas justement tout faire, et surtout que je n’avais pas envie de tout faire. Je ne pas une mère qui veut passer absolument tout son temps libre avec ses enfants (beaucoup de mon temps libre oui, mais un dîner entre copines une fois de temps en temps est primordial, bénéfique et salvateur, même si ce soir là je ne vois pas du tout ma fille que je n’ai vu que 30 minutes avant le départ pour l’école, c’est à dire 30 minutes où il faut manger, s’habiller, se préparer…).
    Quand je suis au boulot, je suis au boulot, j’aime ce que je fais et je le fais bien. Mais je ne ramène pas de boulot à la maison (j’ai de la chance dans la mesure où mon métier ne nécessite pas que je ramène du boulot à la maison).
    J’ai aussi énormément de chance car chez moi, c’est mon mari qui cuisine les bons petits plats et qui de fait, fait les courses. J’avoue que l’équilibre des tâches ménagères rend la vie bien plus facile !
    J’ai aussi accepté le fait que je passe peut-être moins de temps avec ma fille (mes enfants bientôt) que ce que j’aimerais parfois, mais au moins, le temps passé avec elle(s) est du vrai temps de qualité parce que je l’apprécie à 100%.
    Et puis si je me maintiens propre et que je m’habille correctement, je ne suis pas du genre à passer du temps dans la salle de bains pour me maquiller et tout le reste. Ca me fait gagner beaucoup de temps :-)

    Je ne sais pas si j’ai répondu à ta question. S’il y a au moins des éléments de réponse. Si d’autres personnes t’ont répondu…
    En tout cas je pense continuer à suivre ton blog !

    1. Merci, Emeraude, pour ta réponse! J’ai l’impression que tu as trouvé un bon équilibre. Quelle chance ! ;) Le tout, c’est de se sentir libre dans les choix qu’il faut forcément faire : la femme parfaite serait-elle finalement celle qui accepte sereinement ses renoncements? Une piste…

  2. Chère MariéeUnChatUnEnfant,
    J’ai pu faire le même constat que toi depuis le 6 août dernier:
    « En devenant maman, je me suis réveillée dans une nouvelle société où la condition féminine est bien difficile »
    A grands renforts de lectures d’Elisabeth Badinter, j’ai passé outre les diktats de la mère parfaite.
    A grands renforts de conversations entre copines, j’ai trouvé mon équilibre entre moi et moi-même et suis devenue une maman/amoureuse plutôt bien dans ses baskets (des Converses of course, Normcore oblige…).
    Bref, tout va bien à la maison jusqu’ici!

    Mais force est de constater que « dehors il fait froid ». Les difficultés pour faire garder son bébé ont constitué le premier soufflet. En la matière, la politique du « démerdez-vous » est reine. Je ne pouvais pas imaginer pour une problématique aussi commune, récurrente qu’il y ait si peu de dispositions prises par les politiques. Pas de place en crèches… Pas d’aides financières pour avancer (avant déduction d’impots) les frais d’une nounou…

    Il y a un retard considérable qui pénalise en premier lieux les femmes sur le marché de l’emploi.

    Je n’étais pas féministe avant d’être maman. Ou pas vraiment. De loin. Pour les Syriennes.

    Mais je suis bien contente de te lire car je pense qu’il est temps d’enclencher un changement de mentalité et par extensions, de politiques. Et ce sont par des initiatives comme la tienne que viendra le vent nouveau!

    Bibis et longue vie à ton blog

    1. Ah la la! L’épineuse question de la garde de l’Enfant, tout un poème ! On en parlera certainement plus longuement ici-même. C’est en grande partie parce que nous n’avons pas eu de place en crèche à la naissance de notre fille que j’en suis là aujourd’hui. J’espère que tu trouveras une – bonne – solution rapidement… Bon courage !

  3. Tellement vrai ! Il s’agit d’une course contre la montre, j’ai l’impression de faire Pékin express tous les jours… je ne pense pas qu’il faille en vouloir à nos enfants lorsque l’on rentre le soir, leurs jérémiades sont autant de signaux comme pour dire « tu m’as manqué aujourd’hui ». Je pense que ce sont les entreprises françaises qui ne savent pas s’adapter et non le contraire. ( pas de télétravail, pas de crèches d’entreprise, si on part à 17h on nous dit « tu as pris ton aprem! ») , tout ça est incompatible avec une vie de famille épanouie… Lorsque je rentrais vers 19h 30, c’était l’enfer, pas le temps de ranger, pas le temps de cuisiner si je voulais m’amuser un peu avec ma puce… La maman parfaite n’existe pas et quand j’entends certaines se plaindre des 20 min de voiture et rentrer après 17h je me dis « bah viens 1 semaine vivre ma vie de parisienne et tu comprendras pourquoi on est si speed! » Merci donc à Picard, merci aux vernis à ongles qui sèche rapido presto et merci aux supermarket drive! Je gagne du temps et la moindre minute est importe avec nos ptits loups !

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